Un pschitt contre la grippe

Les phobiques des piqûres peuvent désormais recourir à un vaccin nasal pour se protéger contre l’influenza

Depuis quelque temps, la grippe bénéficie de toutes les attentions: l’an dernier apparaissaient deux antiviraux capables de raccourcir la durée de la maladie. Cet automne, c’est au tour du vaccin antigrippal de subir un lifting en profondeur qui ne manquera pas de relancer sa carrière. L’injection dans le bras n’est désormais plus incontournable. Conscients des réticences du public face aux piqûres, les chercheurs ont trouvé le moyen de faire entrer le produit par la même porte que celle utilisée par le virus: le nez.

L’Office fédéral de la santé publique vient de donner son feu vert au premier vaccin nasal contre l’influenza. Une petite révolution qui devrait faire grimper le taux de couverture vaccinale de notre pays. On pense même que les professionnels de la santé, peu enclins à se laisser piquer, pourraient être séduits par cette nouvelle version et se décider enfin à suivre les recommandations en matière de vaccination. Autre cible potentielle: les enfants, vecteurs bien connus de la grippe, mais redoutant par-dessus tout les piqûres.

Question efficacité, le vaccin nasal n’a rien à envier au modèle injectable. Bien au contraire. Les études ont montré des réponses immunitaires similaires mais aussi un avantage supplémentaire non négligeable: il réduit la contagiosité. Comment? L’immunité protectrice conférée par ce spray est à la fois générale et locale. Or, en renforçant les muqueuses nasales, le virus ne peut y survivre plus de vingt-quatre heures. Un coup de frein à la propagation de la grippe dont pourraient bénéficier les institutions et autres lieux de vie en collectivité.

Mode d’emploi

Cependant, si le Nasalflu offre une alternative bienvenue à la piqûre, on est encore loin de l’autovaccination à domicile. D’abord, ce vaccin s’administre en deux fois, à une semaine d’intervalle. La première pulvérisation doit s’effectuer chez le médecin: une réaction au produit n’étant jamais totalement exclue, il vaut mieux être dans une structure médicale.

Ensuite, délivrer le pschitt protecteur nécessite un minimum de technique. Utilisé incorrectement, le nébulisateur, qui a d’ailleurs la forme d’une grosse seringue (!), ne délivrera pas la dose vaccinale nécessaire. Le médecin est aussi là pour expliquer le geste à son patient qui aura à le répéter sept jours plus tard chez lui.

Toutefois, il n’est pas impossible que, selon les cantons, les pharmacies soient habilitées dans un proche avenir à organiser des vaccinations antigrippales, au moyen de ce spray, dans leur officine.

Autre ombre au tableau du Nasalflu: il coûte environ soixante francs (non remboursé), contre une quinzaine de francs pour le vaccin injectable. Pour ceux qui défaillent à l’idée d’une piqûre, cette différence de prix ne devrait toutefois pas être trop difficile à avaler.